
On n'arrive pas à Zermatt en voiture. On y monte en train, au fond d'une vallée qui se resserre, et l'on descend sur un quai d'où l'on ne voit d'abord rien. Puis, au détour d'une rue, la pyramide du Cervin apparaît, seule, comme posée sur les toits.
IUn village sans moteur
Les voitures à essence n'entrent pas à Zermatt. On s'y déplace à pied, en petits taxis électriques ou en traîneau. Ce silence change tout : on entend la neige crisser, les cloches, le torrent de la Viège qui traverse le village.
Dans le vieux quartier de l'Hinterdorf, les greniers de mélèze noircis par le soleil reposent sur des pierres plates posées sur des piliers. Elles empêchaient les souris de monter jusqu'aux réserves. Ces maisons ont plusieurs siècles et racontent une vie de montagne bien avant le tourisme.

IILa montagne des montagnes
Le Cervin culmine à 4 478 mètres. Sa première ascension, le 14 juillet 1865, par la cordée d'Edward Whymper, est restée dans l'histoire autant pour sa réussite que pour le drame de la descente, où quatre alpinistes perdirent la vie. Le petit cimetière des alpinistes, au cœur du village, en garde la mémoire.
Depuis 1898, un train à crémaillère grimpe jusqu'au Gornergrat, à 3 089 mètres. De là-haut, le Cervin se tient face à vous, entouré d'une couronne de sommets de plus de 4 000 mètres et de glaciers.

IIILe soir de Noël
En décembre, la place s'allume. Les façades de bois se couvrent de guirlandes, les patineurs tournent sur la glace et le Cervin, sous la lune, prend une couleur d'argent. C'est cette heure-là que nous avons voulu poser sur la soie, avec ses lanternes et ses oranges.
Pour Nox Alpina, nous sommes montés plus haut encore, au-dessus des chalets, là où la nuit est si claire que la Grande Ourse semble tracée au fil d'or.
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